Qigong et Cancer
Accueil
Observations
Articles
Ressources
Réflexions
Liens
Nouvelles
Anecdotes
Contacter l'auteur
Carte du site

Pour situer le contexte, tel Ulysse, vers l'âge de douze ans, Helen partait pour un long voyage. Elle quittait la Chine pour le Canada, délaissant son Sichuan natal pour émigrer à Vancouver en 1985. Son père, Shou-yu Liang, un célèbre entraîneur d'arts martiaux chinois (wushu) l'y précéda cinq ans auparavant. Après l'apprentissage de l'anglais, Helen devint une étudiante semblable à ses amis hormis le fait qu'elle faisait partie de l'élite du wushu au pays.

En 1995, elle gradua en économie à l'Université de la Colombie Britannique où son père était en charge du Département d'éducation physique. Environ un an plus tard, sa vie basculait; ce que nous raconte Martha Burr d'une façon si touchante.

Vers l'article original
Vers la page d'Helen Liang
Cliquez sur la photo d' Helen ci-contre pour rejoindre sa page sur le site de l'Institut Shou-Yu Liang de Vancouver où elle enseigne.
Ouvrir et fermer les portes du ciel
Helen Liang triomphe d'une tragédie, combattant un lymphome avec le qigong, le tai chi et la médecine chinoise.
L'odyssée d' Helen Liang
Un périple où le courage côtoie la détermination, une hisoire de qigong et de cancer.

Les passages qui suivent ont été extraits et traduits d'un article paru originalement en anglais dans l'édition pour le web de juillet/août 2003 de Kung Fu Qigong Magazine. Je désire ici vivement remercier Monsieur Gene Ching pour avoir si aimablement autorisé la reproduction d'une grande partie de cet article. Pour le consulter dans son intégrité, cliquez sur l'image juste au-dessus.

Une version abrégée de cet article peut être retrouvée dans l'édition papier de Kung Fu Qigong Magazine dont voici la référence:

Burr Martha, Opening and closing the gates of Heaven, Kung Fu Qigong Magazine, Pacific Rim Publishing, Fremont, CA, July/August 2003, pp. 24-37.

© 2003 KungFu Magazine.com
Reproduit avec permission

par Martha Burr, traduit par Claude Fournier, md.

Les miracles se font rares de nos jours, même si nous les cherchons quotidiennement. Quelques fois, nous les trouvons ou, possiblement, eux nous trouvent. Il y a sept ans, une jolie jeune fille reposait mourante dans le lit d’un hôpital de Vancouver, victime d’une forme rare et agressive de lymphome. Après l’échec d’une chimiothérapie dévastatrice à enrayer cette maladie, les médecins lui ont dit qu’il ne lui restait seulement que deux semaines à vivre. Son seul espoir résidait dans une transplantation de moëlle osseuse extrêmement douloureuse dont le taux de succès était de cinq pour cent.


Face à la mort, plusieurs personnes s’attacheraient désespérément à n’importe quelle offre d’espoir mais, avec un courage rare chez quelqu’un de si jeune, Helen Liang a résolu de passer ses derniers jours hors de l’hôpital, à la maison, tentant de trouver une forme de paix avec sa famille. Son père, le fameux maître d’arts martiaux Liang Shou-yu, refusa de la laisser abandonner espoir et

s’engagea avec elle dans un traitement de qigong, de tai chi, de méditation, de médecine chinoise et de médecine occidentale alternative.

Deux semaines passèrent. Elle était encore en vie. Deux autres semaines, et puis une autre. Semaine après semaine jusqu’à cinq ans. Quant à attribuer le miracle à Kuan Yin, la déesse de la miséricorde, au qigong, aux herbes chinoises amères, à l’amour d’une famille qui ne vacille pas, ou à la propre volonté d’Helen de guérir son cancer, la réponse demeure encore un mystère. Mais aujourd’hui voir Helen exécuter sa forme favorite d’art martial, le Liu He Ba Fa (Style de l’Eau), est une poésie de l’âme en mouvement, un miracle en action et une lumière dansante rayonnant sans relâche hors de la noirceur qui est venue près d’éteindre sa vie il y a presque sept ans.

Au bord de la noirceur

Lors de sa graduation, Helen trouva un emploi dans une banque de Vancouver. Elle allait avoir une promotion alors que soudainement elle tomba malade. "Cela commença avec l’extraction de dents de sagesse et j’attrapai une mauvaise infection. Même maintenant, ils ne connaissent pas la cause du lymphome. Je me rappelle seulement avoir eu une très haute fièvre pendant près d’un mois. Je suis allée à l’hôpital et ils ont essayé de trouver ce que c’était ; ils ont pensé que c’était une sorte d’infection."

"Je suis demeurée à l’hôpital si longtemps, prenant différentes sortes d’antibiotiques. Mais rien ne se produisait. Des masses ont commencé à apparaître et c’était très douloureux. C’était terrible. Une fois, ils ont pris une biopsie alors que je m’étais rendue là par moi-même tôt le matin. Les médecins sont venus, ils ont pris cette grosse aiguille, ne m’ont donné aucun anesthésique, mais ont foré en moi et j’ai perdu conscience."

Mes parents sont venus alors que j’étais inconsciente depuis je ne sais combien de temps.
Les médecins ont fait toutes sortes de tests. “Un jour, mon médecin est venu”, de se rappeler Helen, “il était aussi notre médecin de famille et il a toujours pris soin de moi. Il nous a référé à cet oncologue; je pense qu’il suspectait déjà quelque chose. Je me rappelle qu’un matin j’étais avec mon père, juste tous les deux, et ce médecin entra. "J’ai quelque chose à vous dire”, qu’il mentionna. “J’ai peur qu’Helen ait le cancer.”

“Pour moi, à ce moment, le cancer était la fin du monde. J’étais si jeune, en bonne santé, récemment graduée et j’avais la vie entière devant moi, j’ai juste senti que je ne pouvais pas accepter cela. Comment cela pourrait-il être le cancer ? Mon père était très tranquille, il n’a rien dit. Le médecin continua, nous devons la traiter tout de suite avec la chimiothérapie. Je ne savais pas ce qu’était la chimio, je n’en avais aucune idée. Et il est alors parti.”

“Vous voyez toujours ça dans les films à la TV, quelqu’un a le cancer et puis il meurt, cette sorte de chose. Dans ces circonstances, je reposais là, regardant mon père, il me tenait la main, et j’avais tellement de douleur à ce moment, pensant au cancer… J’aurais pleuré mais je ne l’ai pas fait. Je ne savais pas quels étaient mes sentiments." Mon père a dit, "Bien, tu dois être forte." J’ai demandé qu’est-ce qui arrive à la mort ? Où irais-je ? Où serez-vous tout le monde ? Et mon père a dit, "Assures-toi seulement que si tu vois une sorte de lumière "-- il pratique la méditation bouddhiste et taoïste – " si tu vois la lumière tu dois suivre la lumière, tu ne peux avoir peur d’elle, tu dois aller là." J’essayais d’imaginer comment cela pouvait être.

“Ensuite, il a dû partir, il avait une classe en soirée. Ma mère est venue m’accompagner. Je suis demeurée là toute la nuit ne voulant pas m’endormir parce que j’avais peur dans la noirceur de ne plus pouvoir me réveiller. Plus tard, des étudiants m’ont dit que mon père – il est très fort, ne pleure jamais – pouvait à peine parler en classe. Il m’a dit qu’ il avait pleuré de lui-même dans l’auto."

Helen a débuté un agressif traitement de chimio, lequel était très difficile et dur à prendre pour sa petite taille et son corps fragile. "J’avais de longs cheveux," dit-elle, "et bien sûr ils m’ont dit que je perdrais mes cheveux. Chaque nouvelle chose était quelque chose que vous ne pouvez vous imaginer arriver. Un jour, dans la douche, une pleine poignée de cheveux tomba soudainement. Cela prenait du temps mais je ne pouvais pas sortir de la douche. Mon père était très inquiet parce que j’étais très faible et que plusieurs fois j’ai eu besoin de leur aide juste pour prendre une douche. Je suis sortie et je pleurais. "

“Mes parents se sentaient tellement mal, ils ont essayé de ne pas le montrer devant moi. Ils m’ont donné beaucoup de soins, comme l’ont aussi fait mes amis, leurs amis et beaucoup de médecins." Malgré les effets débilitants de la chimio, Helen a aussi pratiqué le qigong et la méditation.
La chimiothérapie s’est poursuivie pour environ trois mois, mais après les dernières doses, le cancer est revenu quelques jours plus tard. Helen commença à avoir des masses une fois de plus et développa une très haute fièvre. "J’ai encore été hospitalisée ", de dire Helen. "Ils ont essayé d’autres choses mais ils m’ont alors dit, il ne vous reste seulement quelques semaines à vivre. La seule chose que nous pouvons faire est d’essayer une transplantation de moëlle osseuse. Mais le taux de succès est moins de cinq pourcent. Et nous avons à trouver la bonne moëlle.”
“Ils m’ont alors amenée à une aile de l’hôpital et ont tenté de me montrer ce à quoi la transplantation pourrait ressembler. Ils m’ont montré quelques personnes et c’était la plus horrible chose que je me rappelle. J’ai vu toutes sortes de tubes entrant dans leurs corps. Comme je passais par leurs chambres, je ne sentais pas que c’était encore une vie."

Les médecins ont dit à Helen qu’ils ne pouvaient lui donner aucun autre traitement pour son cancer. C’était le dernier espoir qu’ils pouvaient offrir. Elle est demeurée à l’hôpital pendant trois semaines avec une fièvre galopante qu’aucun médicament ne pouvait guérir. "Cet après-midi là” dit-elle “nous avions à prendre une décision à savoir si oui ou non nous allions vers une transplantation. Je me rappelle ce jour. Toute ma famille était là pour cette décision parce que c’était une question urgente. Et personne ne pouvait prendre cette décision. J’avais à décider.
Éventuellement, je pensais aux avantages et aux inconvénients. Je pense que mon père penchait du côté de ne pas le faire et de chercher une médecine alternative, mais il ne pouvait réellement pas prendre la décision pour moi. J’étais juste assise là et je pensais. J’ai regardé ces gens et est-ce une vie que je veux réellement? Et les chances étaient de moins de cinq pourcent. Est-ce que je veux passer mes quelques derniers jours dans cette chambre ou est-ce que je veux être avec des personnes que j’aime et faire les choses dont j’ai envie ? C’était une décision difficile.”

“Mais finalement, j’ai dit, je vais juste profiter des prochaines quelques semaines. Et faire ce que j’aurai à faire. Cependant, ma tante m’a rappelé qu’en ce moment j’éprouvais tant de douleur et que cela sera pire et pire. Cela sera très douloureux. Mais j’ai dit que c’était OK, au moins je suis à la maison, je suis avec vous. C’est OK."

Helen alla à la maison, prise en charge par sa famille entière et son médecin de famille. Il a pratiqué la médecine occidentale mais il a aussi appris le qigong avec Liang Shou-yu. Ce médecin a supporté Helen à sa sortie de l’hôpital et ses parents quand ils ont dit qu’ils voulaient chercher un traitement en médecine alternative. Son père, dit Helen, ferait n’importe quoi.

Après avoir vu sa vie s’écouler à l’hôpital, Helen était au moins contente d’être à la maison. Elle se rappelle, "Après avoir pris la décision, je suis descendu à la plage et, soudainement, c’est comme si j’avais jeté au loin tout le fardeau. Je sens que c’est OK. Je vais juste faire ce que j’ai à faire durant les dernières quelques semaines et chaque jour je n’abandonnerai pas. Mon père me dit toujours de faire de la méditation, de faire du qigong. Et un jour, il est arrivé qu’un médecin de Seattle, un ami proche de mon père, a appelé et a dit, "Je connais ce médecin chinois de Beijing, peut-être qu’il peut aider." Mon père a dit "Oui, essayons."

Après avoir contacté ce Dr Wang, Helen lui a décrit sa maladie et ses symptômes au téléphone. Il a écrit une prescription et l’a télécopiée immédiatement. "Nous sommes allés nous procurer ces herbes chinoises," dit Helen. "Mes parents m’ont forcée, disant que j’avais à prendre cela pour le moment, au moins juste pour faire baisser la fièvre. Tu n’a qu’à essayer."

Bien sûr, des bols de cette médecine chinoise amère… J’étais si faible, et n’en aurais pris qu’un peu pour jeter le reste. Mais je me suis forcée. Je n’abandonne pas. J’ai pensé, et je ferai ce que j’ai besoin de faire. Ainsi j’ai pris la médecine pour quelques jours et ma fièvre a commencé à s’améliorer. J’ai eu la diarrhée mais c’est la façon dont la médecine fonctionne, comment la médecine se débarrasse des impuretés dans votre corps, c’est supposé vous aider. Ainsi, au moins, ma fièvre était plus sous contrôle.

“J’étais plus relaxée et je faisais du qigong et du tai chi avec mon père à chaque jour. Nous allions dehors pratiquer toutes sortes de qigong parce qu’il est bon pour vous de demeurer à l’extérieur et de prendre beaucoup d’oxygène. C’est supposé tuer les cellules cancéreuses. Ainsi nous étions dehors durant les deux tiers de la journée ; mon père et des amis et tout le monde se relayaient, m’amenant dehors, marcher sur la plage. Nous devions nous tenir loin des foules parce que mon système immunitaire était réellement bas, très faible. Ainsi j’ai juste pris la médecine chinoise, fait du qigong et du tai chi."

Helen a suivi cette routine pendant une semaine. Puis une autre. Bientôt cela a fait trois semaines. J’ai dit "oh, trois semaines, je suis encore là. Et je sais que chacun le ressent de cette façon, ils ne veulent juste pas le dire. Ils ne veulent pas s’émouvoir. Ils sont très prudents. Et mon père est très strict, disant tu dois aller dehors à chaque jour, prendre autant d’oxugène que possible. Et faire du qigong et beaucoup de méditation. Et prendre le médicament.
Nous l’avons ensuite combiné avec un autre médicament provenant d’un autre médecin en médecine alternative, un médecin occidental. Une sorte de médicament supposé stimuler votre système immunitaire. Je me donnais les injections moi-même. C’était un processus très douloureux parce que j’avais à rester au lit pour une ou deux heures juste pour faire les injections dans la région de mon estomac."

Lentement, le corps d’Helen a commence à guérir. Pendant les six mois à venir, le cancer d’Helen a récidivé un peu, pour ensuite s’en aller. La combinaison fonctionnait. Peu à peu, sa force lui revenait, et, après un an, elle avait finalement regagné son corps et son esprit.

1 2 3 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Accueil
     
Début de la page